Unies pour une même mission

Gouvernance de la congrégation

L’autorité au service de la communauté

Le service-autorité se vit au cœur du charisme de présence amoureuse et compatissante de Dieu, dans un service fraternel fait de simplicité, d’ouverture, d’humilité, de souplesse et de coresponsabilité. Ce service se vit dans l’esprit de Jésus-serviteur, au service de la volonté du Père et de son peuple. La gouvernance de la congrégation se réalise à partir de trois lieux d’exercice de l’autorité : général, régional et local.
Le Chapitre général

Il est l’autorité suprême de la congrégation. Sa fonction principale est de veiller à la fidélité de l’institut, à son charisme, à sa mission et d’assurer l’unité dans la charité. Il a aussi pour mission d’élire la supérieure générale et le conseil général. Le Chapitre général donne l’orientation pour les 5 ans à venir.

Orientation capitulaire 2022-2027
Poussées par l’Esprit à renouveler notre être de femmes consacrées au cœur de notre réalité, touchées par les souffrances de notre monde, interpellées par l’invitation de Jésus
« … va et fais de même » (Lc 10, 26-37).

Nous, soeurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours cheminons dans l’unité et la diversité, à partir d’une mission interculturelle entre nous, avec les personnes associées (APS) et d’autres laïcs comme chemin d’Évangile. Être présence attentive aux pauvres de nos milieux.

Administration générale
Le conseil général 2022-2027 - AU CENTRE Sœur Rose-Anne Rousseau, supérieure générale - DE GAUCHE À DROITE Sœur Carmen Arias (République Dominicaine) Sœur Gaétane Guillemette (Québec) Sœur Eugénie Rouamba (Afrique)

L’administration générale est composée de la supérieure générale, des membres de son conseil et de l’économe générale pour tout ce qui touche les aspects matériels et financiers. La mission de la supérieure générale et de son conseil est de rechercher l’unité de la congrégation, dans la croissance humaine et spirituelle de ses membres et dans leur engagement apostolique au service de l’Église.

Régional

Depuis le chapitre général 2022, une nouvelle répartition régionale a été mise en place. Il y a deux régions, soit l’Amérique latine et l’Afrique ainsi que l’entité canadienne. Chacune des deux régions est administrée par une supérieure régionale et son conseil. L’entité canadienne est administrée par la déléguée de la supérieure générale et est aidée d’une économe et d’une secrétaire.

Local

Les régions sont constituées de communautés locales formées de religieuses qui, ensemble, vivent la mission dans un lieu donné. Le gouvernement local collabore à la réalisation des objectifs de la région, détermine ses priorités à la lumière des Constitutions et de l’Église locale.

Supérieures générales depuis la fondation

Les supérieures générales exercent un service d’amour en constante référence au Christ « venu non pas pour être servi, mais pour servir et donner sa vie. » (Mc 10,45)

Fondation

Sœur Saint-Bernard fonde la congrégation en 1892. Elle établit les bases de la communauté et, avec le fondateur, elle rédige les premières constitutions. La communauté est reconnue civilement le 12 janvier 1895. Le premier conseil général est formé le 4 mai 1895 et la fondatrice est élue supérieure générale.

Religieuses, vieillards et orphelins habitent sous le même toit. Sœur Saint-Bernard soigne les malades, enseigne aux enfants, accompagne ses sœurs et leur insuffle le zèle missionnaire. De 1892 à 1898, des écoles dédiées à l’enseignement primaire s’ouvrent aux religieuses dans neuf villages. Une courte expérience est tentée dans un hôpital pour alcooliques.

À la fin de son mandat, en 1898, la communauté compte 54 professes, 24 novices et postulantes. La fondatrice continue d’apporter son aide dans les services communautaires. Elle vit ce qu’elle enseigne à ses filles : « Mes sœurs restons petites, effaçons-nous. »

Austérité

En 1898, sœur Sainte-Marie-Madeleine prend les rennes de la jeune congrégation, résolue de garder intact les règlements et les constitutions.

Elle répond à la demande d’ouverture de huit nouvelles missions d’enseignement primaire à Saint-Cyrille (L’Islet), Saint-Henri de Lévis, Village Huron, Saint-Basile, Saint-Flavien, Château-Richer, Saint-Odilon, école du Bas-Château (Château Richer), et trois autres à Saint-Damien (sur la Grande Route, au Lac Vert et à la Pointe-Lévis). Elle est l’instigatrice du premier hospice pour les personnes âgées et pauvres. La construction de l’hospice Saint-Bernard commence en 1903 et deux ans plus tard les vieillards y trouvent un logis et des sœurs toutes dévouées envers eux.

Assouplissement

Religieuse au cœur bienveillant et compatissant, sœur Saint-Jérôme est nommée supérieure générale en 1904. Sa première tâche est d’assouplir le règlement communautaire. Les sœurs et le fondateur trouvent en elle réconfort et soutien lors de l’incendie qui ravage le couvent en 1905.

Pendant son mandat, les constitutions sont révisées et imprimées en 1908. Au cours de cette même année ont lieu les premiers vœux perpétuels : 63 sœurs prononcent leur engagement définitif dans la congrégation. Le développement apostolique se poursuit au rythme des entrées. Douze fondations nouvelles, dont l’orphelinat des garçons et l’école ménagère agricole de Saint-Damien, voient le jour.

Reconnaissance canonique

Femme de charisme, sœur Saint-Isidore fait preuve d’une maternelle bonté envers ses sœurs et particulièrement pour la fondatrice. On la reconnaît comme une pierre d’assise pour le développement de la vie communautaire.

Elle stabilise les lieux de mission et ouvre trois autres maisons d’enseignement dans la région. La tuberculose et la grippe espagnole frappent durement la communauté. Plus de trente sœurs, dont dix-sept de moins de 30 ans, décèdent durant la décennie de 1910-1920.

Sous son mandat, la congrégation est canoniquement approuvée en 1915. Le livre du coutumier est révisé pour s’harmoniser avec les constitutions.

Mission hors Québec

Femme ardente, sérieuse et guidée par sa finesse d’esprit, sœur Sainte-Hélène assume différentes charges dans la communauté. Son expérience la prépare à son rôle de supérieure générale.

Sous son règne, des lieux d’apostolat s’affermissent et d’autres voient le jour. La mission commencée dans deux presbytères cesse. L’orphelinat des filles devient une école ménagère. Un juvénat est ouvert pour permettre aux candidates à la vie religieuse de poursuivre leur formation humaine tout en s’initiant à la vie communautaire.

En 1920, sœur Sainte-Hélène répond à la demande qui lui est faite d’envoyer des sœurs à Hearst, en Ontario, pour enseigner et ouvrir un pensionnat. C’est la première fondation hors du Québec.

Structuration

Femme humble, sœur Sainte-Euphémie aime le soin des pauvres, des vieillards et se soucie de l’avenir des jeunes. Fondatrice de quelques missions et maîtresse des novices, on lui confie la barque de la congrégation en 1925.

Elle encourage le talent artistique de ses sœurs. Durant son administration, l’hospice Saint-Bernard déménage au Lac Vert, un atelier dentaire s’installe à la Maison mère. La mission du couvent d’East-Broughton (station) reprend.

Sœur Sainte-Euphémie promeut une nouvelle pratique du gouvernement. Un conseil local à la Maison mère ainsi que le généralat sont inaugurés.

Organisation

Leader, ayant de grandes capacités de gouvernance, sœur Saint-Léonard-de-Port-Maurice administre avec tact et diplomatie. Elle est élue supérieure générale en 1928, après avoir été assistante générale les trois années précédentes.

Pendant son règne, elle ouvre deux missions pour l’enseignement. Elle décide avec son conseil de procéder à la construction d’une chapelle à la Maison mère et d’une infirmerie dont les besoins sont urgents.

Après ses deux mandats comme supérieure générale, elle reste assistante de la supérieure générale, puis demeure membre du conseil général jusqu’en 1960.

Croissance

Femme au caractère ferme, sœur Marie-des-Anges sait gagner la confiance et gérer des situations délicates. Nommée supérieure générale en 1934, elle continue le développement de l’activité apostolique.

Elle voit à la formation des religieuses pour répondre aux besoins de la mission et elle établit, en 1938, un scolasticat-École normale pour la préparation académique des jeunes sœurs. À cette époque de l’idéal « de la femme dépareillée », la communauté ouvre une première école ménagère. Viendra ensuite une première maison d’hospitalisation pour les personnes âgées, à l’extérieur de Saint-Damien. La maison s’agrandit : la construction de la chapelle de la Maison mère est terminée en 1935. Un terrain est acheté pour l’installation d’un aqueduc : l’eau arrive à la Maison mère !

Ouverture à la mission ad extra

Discrète, simple, sympathique et cordiale, sœur Saint-Pierre-Célestin se caractérise par son audace. Conseillère générale en 1937, elle est élue supérieure générale en 1940.

Elle instaure l’École normale pour filles en 1941 ; elle ouvre sept couvents pour l’enseignement ainsi qu’une maison pour accueillir des dames pensionnaires. L’école ménagère de Sainte-Germaine fait partie de ses projets et la construction débute en 1948.

La plus importante de ses réalisations est l’ouverture à la mission ad extra. Elle établit la première mission en République dominicaine en 1948. Après son mandat de supérieure générale, elle demeure conseillère générale jusqu’en 1966.

Sommet

Chef de file, sœur Saint-Omer comprend, analyse les situations et sait soulever le dynamisme de ses sœurs. Elle prend charge de la Congrégation en 1950, en un temps de grande croissance des effectifs religieux et de rayonnement apostolique et missionnaire de la congrégation.

Durant cette décennie, 241 sœurs font profession dans la Congrégation. Les œuvres se multiplient : dix-huit nouvelles écoles, pour un total de 51 écoles paroissiales, l’école des arts familiaux, trois pavillons accueillant des jeunes en difficulté et six foyers pour personnes âgées.

L’essor missionnaire se poursuit avec des fondations dans deux pays de l’Afrique de l’Ouest en Haute Volta (Burkina Faso) : dans les villages de Manni en 1955, de Kantchari en 1958, et au Niger : à Doutchi en 1956 et à Niamey en 1959. En République dominicaine, dix missions s’ouvrent, l’œuvre des collèges commence et on établit un noviciat à Santiago.

Stabilisation

Sereine et pondérée, sœur Marie-de-la-Salette agit après mûres réflexions. Respectée de ses sœurs elle sait gagner leur confiance.

La Révolution tranquille s’amorce et un vent de changements se prépare dans la communauté. Un ralentissement apostolique s’amorce au Québec, alors que la mission ad extra est en plein développement. Les œuvres se stabilisent. La nouvelle École normale ouvre ses portes et on accepte la charge de trois autres écoles. C’est un temps d’étude accéléré ! L’essoufflement commence à se faire sentir : on doit fermer six écoles et un foyer de personnes âgées.

Par ailleurs, la mission ad extra prend de l’ampleur. En République dominicaine, l’action apostolique s’étend dans cinq autres lieux du pays. À Niamey, la Congrégation répond à la demande du président de la République du Niger d’ouvrir un collège pour les filles.

Turbulence

Femme d’envergure, déterminée et audacieuse, sœur Germaine Laliberté obtient du Ministère de l’éducation, que l’École normale de Saint-Damien soit accessible aux garçons. Devenue supérieure générale en 1966, son règne en est un de turbulence communautaire. C’est l’heure du changement face à l’ouverture au monde et à l’adaptation communautaire et apostolique. La formation académique des religieuses prend une place importante dans l’administration de l’époque. La congrégation atteint son sommet démographique en 1968, avec 755 religieuses québécoises. La chute des effectifs est enclenchée.

Les changements politiques en matière d’éducation entraînent la disparition des Écoles normales. Le cours collégial succède au cours d’École normale. Les trois maisons d’enseignement ménager cessent d’exister. D’autres ajustements s’ensuivent. Quelques missions d’éducation, d’hospitalisation et de foyers de personnes âgées voient le jour, alors que douze missions se ferment au Québec. La mission ad extra progresse et la communauté accepte de collaborer à une œuvre d’enseignement au Burundi.

Renouveau et décroissance

Femme discrète, sage et engagée, sœur Alice Roy devient supérieure générale en 1972, au moment de l’aggiornamento de Vatican II. La congrégation vit un temps intense de discernement concernant les fondateurs. Sœur Virginie Fournier est reconnue fondatrice au même titre que l’abbé Joseph-Onésime Brousseau. Cette période est consacrée à la définition du charisme et à la refonte des constitutions dont l’approbation définitive a lieu en 1982.

Un mouvement d’innovation s’enclenche. L’instauration du chapitre général ouvert et télévisé et la création des journées communautaires annuelles stimulent le sens de l’appartenance. Les œuvres se diversifient avec la pastorale paroissiale, scolaire, diocésaine et le travail dans les presbytères. Par contre, la décroissance démographique s’accentue. On abandonne seize lieux d’enseignement, deux foyers de personnes âgées et des maisons sont vendues.

Cette situation n’arrête pas l’élan missionnaire de l’administration générale qui répond à l’appel missionnaire en Bolivie, au Pérou, en Uruguay, au Guatemala et au Nicaragua.

Décroissance et pousses d’espérance

Femme de discernement, disponible et ouverte, sœur Cécile Corriveau a le souci de la mission et des plus pauvres. Élue supérieure générale en 1984, elle veille à la mise en œuvre des nouvelles Constitutions et à l’approfondissement de la vie des fondateurs et du charisme de la congrégation.

Au Québec, en même temps que des insertions de présence pastorale se développent, on doit abandonner vingt-sept lieux d’apostolat, dont le Collège de Saint-Damien. La relève vocationnelle se fait rare. La mission ad extra, quant à elle, continue de croître. Des vocations fleurissent en Amérique centrale, dans les Caraïbes, en Amérique du Sud et en Afrique. Un noviciat est ouvert au Burkina Faso en 1989.

Des réalisations marquent le mandat de sœur Cécile Corriveau, telles : l’exhumation des fondateurs, la fondation de l’Association Perpétuel Secours en 1989 et le centenaire de la congrégation en 1992.

Réorganisation et internationalité

Dynamique, proche des gens et missionnaire ardente, sœur Lise Boilard devient première responsable de la congrégation en 1996. Son règne est marqué par de nombreux ajustements administratifs dans les régions, la subsidiarité, la réorganisation de l’infirmerie et la fusion des noviciats de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale et des Caraïbes. Un noviciat est ouvert au Pérou en 1997.

Elle porte le souci de l’approfondissement du charisme, de la spiritualité et de la mission. Elle encourage le développement de l’Association Perpétuel Secours au Québec, en République dominicaine, au Burkina Faso et au Pérou. Des jubilés d’or et d’argent de fondations en divers lieux apostoliques et pays sont à l’ordre du jour de son mandat.

En août 2006, la Congrégation peut se dire internationale. Elle compte 443 religieuses dont 314 québécoises, 110 dominicaines, 11 africaines, 2 boliviennes, 2 nicaraguayennes, 3 péruviennes et une sœur originaire de Curaçao.

Avec audace vers l’avenir

Originaire de la République Dominicaine, sœur Ramona Castillo est la première supérieure générale de la congrégation non canadienne. Élue en 2006, elle est une femme ouverte, universelle et d’une grande capacité d’adaptation. Durant son mandat, elle fait face au défi du vieillissement des effectifs de la congrégation. En même temps, le nombre de religieuses en Afrique augmente. À partir d’une vision congrégationnelle missionnaire, elle promeut une plus grande coresponsabilité interrégionale. Elle se préoccupe de la formation initiale et permanente et l’interculturalité devient un incontournable dans la congrégation. Sous son règne, la collaboration avec les laïques progresse et le processus de planification de l’avenir de l’institut s’enclenche.

L’Association Perpétuel Secours (APS) effectue une avancée vers l’autonomie. La Famille spirituelle Notre-Dame du Perpétuel Secours, composée des religieuses et des personnes associées, est reconnue en 2011. Une première rencontre internationale de l’association a lieu en 2015 et un comité international de l’APS est formé (CIAPS).

Passage historique

« Ose autant que tu peux. » Telle est la devise de sœur Madeleine Fillion supérieure générale de 2016 à 2022. Cette parole du fondateur Joseph-Onésime Brousseau caractérise son mandat. Femme de tête, douée de capacités d’organisation et d’administration, sœur Madeleine Fillion réalise le difficile passage communautaire du berceau de la congrégation à Saint-Damien-de-Buckland vers Québec dans une résidence adaptée à la réalité et aux conditions des sœurs et de la congrégation.

Pendant son règne, elle voit à l’avenir du patrimoine matériel et immatériel de l’institut en partenariat avec différents groupes et organismes du milieu. Une planification juridique prend forme pour assurer la vie et la mission des régions et de l’entité canadienne. La continuité de l’œuvre des fondateurs, à Saint-Damien-de-Buckland, auprès des personnes dans le besoin demeure un incontournable et elle prend des décisions en ce sens.