Il y a 60 ans, nous arrivions à Doutchi, Niger…

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Le 6 octobre 1956, trois missionnaires sont accueillies à Dogondoutchi (Doutchi) par les pères Rédemptoristes. Une autre sœur les rejoint. Et l’histoire commence…   Elles se pressent d’apprendre à communiquer dans la langue des gens et de s’adapter aux coutumes du milieu. L’école de la mission catholique de Dogondoutchi vient d’ouvrir ses portes. Les sœurs répondent à l’appel et se dévouent auprès des jeunes filles qui leur sont confiés. Puis on met en place un dispensaire. Les sœurs accueillent toute personne malade et s’occupent particulièrement des mamans et de leurs enfants. Puis petit à petit, se greffent d’autres activités : la catéchèse pour les quelques personnes baptisées, la couture et le tricot, l’alphabétisation, les leçons d’hygiène et de puériculture. En 1981, elles accueillent des personnes handicapées physiques, les alphabétisent et leur apprennent des travaux manuels. En 1991, le manque de personnel se fait sentir. Les sœurs doivent quitter cette mission où elles ont goûté tant de bonheur au milieu de gens accueillants qui ont marqué la vie de ces religieuses. Aujourd’hui en 2016, la population de Doutchi se souvient ! À l’occasion des 60 ans de fondation de l’École Mission Catholique de Doutchi, le directeur Assane Alamine rend hommage aux religieuses de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Perpétuel Secours pour leur dévouement inlassable et leur précieuse contribution au développement de l’éducation auprès des jeunes filles.

Merci à la congrégation et à la Providence pour toutes ces années de mission à Manni

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23 septembre 2016 En me remémorant des souvenirs de cette mission, où j’ai vécu plus de vingt ans, est monté en moi quelques bribes d’histoire. Je vous en raconte quelques-unes.   Connaissez-vous la signification du nom « Manni » donné à ce village de brousse de la région de l’Est de Fada N’Gourma ? L’histoire de ce nom remonte à l’époque de l’ouverture de la mission avec les pères Rédemptoristes. Le préfet apostolique et le chef du lieu, s’arrêtant près d’un point d’eau, se disent dans le dialecte de la région : « li main » qui signifie : « Ici, c’est bien ». De là, le nom de Manni donné à ce lieu. Manni est la première mission de la congrégation en Afrique. Les trois premières sœurs canadiennes arrivent dans le village en1955. Elles se dévouent comme infirmières et enseignantes au primaire. Les gens leur font tout de suite confiance. Un jour, elles accueillent un bébé dont la mère vient de décéder à la naissance de l’enfant. Selon la coutume du temps, ce bébé devait être enterré avec sa maman. L’enfant, appelé Omer, grandira entouré des soins et de l’affection de ses mamans religieuses. Ordinairement, les sœurs déjeunaient en silence, mais les balbutiements d’Omer suscitent l’émerveillement et délient les langues… D’âge scolaire, Omer va à l’internat des pères puis, devenu adulte, il fonde sa famille.  Un peu plus tard d’autres enfants sont amenés aux sœurs, dont une belle petite fille. On l’appelle Danielle. Elle suit les sœurs et elle fait la joie de ses dernières. Mariée et mère, elle continue de demeurer proches des sœurs. Et que dire des religieuses qui sont passées à Manni ! L’une d’entre elles, sœur Émérentienne Fecteau, missionnaire, infirmière, accoucheuse, marque le milieu. Elle manie la langue gourmantchée à perfection. Elle parle également le mauré et comprend le peulh. Arrivée au dispensaire dès cinq heures du matin, elle reçoit chacun avec bonté, soignant des plaies, opérant des yeux malades, accouchant des femmes, et encore. Plus tard, sœur Édith Audet, elle aussi infirmière, se soucie spécialement de former des sages-femmes, reconnues par l’État. À l’école, des sœurs enseignent au primaire jusqu’au CM 2. Je fais partie de l’équipe des enseignantes. Parmi nos élèves, le jeune Félix se démarque. Parti au Niger, il fait son séminaire et devient le premier prêtre gourmantché. Plus tard, comme les classes passent à l’État, nous nous consacrons à l’alphabétisation. Parmi les alphabétisés, il y en a un qui fait des progrès remarquables si bien, qu’après quelques années il passe ses examens et obtient de bons résultats. Nous l’inscrivons à des cours de comptabilité par correspondance. Ce dernier est ensuite engagé comme comptable au diocèse de Fada. L’action apostolique des sœurs se diversifie. Formation de groupes d’enfants et de jeunes adultes, préparation au mariage, planification familiale naturelle, formation des catéchistes et des mamans catéchistes font parties des activités des religieuses. La chrétienté augmente et les religieuses vont de villages en villages pour l’alphabétisation, la catéchèse et les rencontres de groupes. Le désir de la vie religieuse se manifeste. Des jeunes filles disent aux religieuses : « Nous voulons devenir des sœurs comme vous autres. ». Alors, sœur Édith Audet en parle au curé de la paroisse qui lui répond : « Si vous voulez des sœurs, faites-vous-en. » Parole prophétique pour nous puisque le père Brousseau, notre fondateur, avait reçu la même réponse de l’évêque. Un centre vocationnel est ouvert. Sœur Micheline Godbout en est la responsable. Des filles arrivent et l’une d’entre elles, Anne Vebamba, deviendra la première religieuse NDPS africaine. Pour terminer, quelques faits… Lors de la construction d’un forage, très tôt le matin, la foreuse perce, perce toujours plus profond, mais rien n’apparaît. On suspend les travaux. Un deuxième essai est tenté. Désolation, même résultat. Le foreur étudie les lieux. Il y a un arbre…. On recommence à creuser… l’eau surgit en abondance. Ce forage, après 25 ans, fournit encore l’eau d’une majorité de gens près du marché. Une dame lépreuse doit recevoir sa portion de mil à chaque mois. Ne possédant que le pouce et l’index, à la saison des pluies, elle cultive un petit champ d’arachides. Savez-vous qui reçoit les prémices de sa récolte ? Chaque année, elle nous offrait une petite calebasse d’arachides. Nous les gardions en réserve et l’année suivante nous lui offrions des arachides pour sa nouvelle semence. Des jeunes femmes, incapables d’allaiter leur bébé, recevaient un biberon et du lait en poudre. Un bon jour, une jeune maman vient s’asseoir dans notre cour et demande du lait en poudre. Cette dame pouvait allaiter son bébé. Nous lui disons de retourner au village, mais celle-ci s’assoit dans la cour. Les heures passent. Elle est toujours là. 15h00, 16h00… elle finit par gagner sa cause et retourne chez-elle avec du lait en poudre. L’heure étant venue pour sœur Émérentienne Fecteau de revenir au Québec, les gens de Manni lui disent : « Toi, assieds-toi avec nous ! » Ce qui exprime, pour les Gourmanchés, l’importance des personnes âgées qu’ils regardent comme des sages. Considéré avec grand respect, le vieux est assis dans la concession et devient un chef de concession vers qui vont les villageois, pour discuter et demander des conseils. Sœur Émérentienne était devenue l’une des leurs. Elle pouvait s’asseoir au milieu d’eux. Elle appartenait à leur culture. Merci à la congrégation et à la Providence pour toutes ces années de mission à Manni. Ce fut pour moi un chemin de vie et d’épanouissement au milieu de cette population chaleureuse et reconnaissante. Sœur Colette Pelletier, ndps.

Je suis fière de représenter mon pays, le Niger, au Canada.

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Son Excellence, Mme Hasanna Alidou.   4 juillet 2016, Avant d’être nommée au poste prestigieux d’ambassadeure du Niger aux États-Unis, madame Alidou a contribué au développement de l’éducation, travaillé auprès d’agences et de gouvernements bailleurs de fonds. Elle a aussi servi comme représentante de l’UNESCO en Afrique de l’Ouest. Les pages qui suivent sont un excellent témoignage rendu à nos sœurs qui ont œuvré au Niger, spécialement à sœur Micheline Godbout considérée comme leur maman. Voici un extrait du message adressé à la congrégation, suite à la visite effectuée. Mon lien affectif avec le Canada Je suis née le 29 mars 1963 à Niamey. J’ai une jumelle identique, Ousseina Alidou (professeure) et j’ai trois enfants. Le 28 avril 2016 sera une date gravée dans ma mémoire comme un jour extraordinaire qui me ramena à ma tendre enfance, début d’une longue histoire d’amour entre le Canada et moi- même, à travers ma relation avec les Sœurs du Perpétuel Secours du Québec, Canada. Les Sœurs du Perpétuel Secours ont fondé en 1960 l’École Canada et en 1962, le Collège Mariama de Niamey, Niger. En Septembre 1967 ma jumelle et moi débutions nos premiers pas d’écolières. Mes chers parents, Haoua Sidibé Kone (ma mère) et Alidou Boubacar (mon père) nous ont inscrites dans l’une des meilleures écoles du Niger : « École Canada ». Une très belle école avec des girafes bien incrustées dans le mur de notre classe maternelle. Une école qui a produit un pourcentage significatif d’élites du Niger. Je me souviens encore de ce beau sourire de ma première maîtresse, la sœur Jacqueline. Cette sœur enseignante du préscolaire (maternelle) aimait chanter et danser avec les tout-petits. Elle nous faisait faire des polichinelles et de beaux dessins. On a appris aussi avec elle les chansons que les tout-petits chantent dans les classes maternelles au Québec, Canada. Je me souviens encore du jour où notre papa était rappelé au ciel. Nous étions en troisième année d’école primaire (CE1). Cinq ans plutôt on avait perdu notre mère. La sœur Julie du Québec, Directrice de l’École Canada, vint réconforter ma grand-mère qui était tant éprouvée par la perte de sa fille unique et de son beau-fils. Elle demanda à ma grand-mère de ne jamais s’inquiéter pour notre éducation, ni pour les besoins des jumelles car la mission des Sœurs du Perpétuel Secours du Canada avait décidé de tout prendre en charge. Ce qui fut fait. On restera à l’Ecole Canada tout le temps de notre jeunesse. Les 49 sœurs canadiennes du Perpétuel Secours deviennent la source de notre réconfort et d’appui de tout ordre. En 1974, la sœur Micheline Godbout devint la Directrice de note école. Elle remplaça la sœur Julie qui partit pour une autre mission, dans un autre pays. La sœur Micheline deviendra notre tutrice principale qu’on adore. On l’appellera « Maman Micheline » bien qu’elle était très jeune. Elle déploya, pendant son séjour au Niger, son temps et son énergie à aider notre grand-mère Hajji Kanye Sidibé à nous élever, à s’assurer qu’on bénéficierait de la meilleure éducation et d’un encadrement conséquent pour la vie. Avec Maman Micheline, ma jumelle et moi avions beaucoup appris sur la vie. Nous avions appris très tôt que la vie doit être fondée sur des valeurs positives : l’amour de soi et des autres, l’humilité, le partage de tout ce qu’on a avec les autres et l’éthique du travail pour l’amour de Dieu. Ma grand-mère Hajji Kanye Sidibé et Maman Micheline du Québec nous ont donné ce dont on avait besoin pour bien vivre aujourd’hui. L’une musulmane, l’autre catholique, elles ont su, à travers une profonde amitié, la tolérance, le respect et la confiance qu’elles avaient l’une pour l’autre, partager avec nous leur religion respective en s’appuyant sur les valeurs humanistes communes qu’on retrouve dans les religions d’Abraham. Elles venaient de deux continents différents (l’Afrique et l’Amérique), deux cultures différentes basées respectivement sur l’Islam et le Christianisme. Cependant elles parlaient le même langage : Dieu, à travers l’amour envers le prochain. Ces deux femmes extraordinaires nous ont orientées dans la vie. Pour cette raison, sur le plan affectif et culturel, je me suis sentie très liée au Niger et au Canada. Je suis multiculturelle. Lorsque Son Excellence, le Président de la République du Niger M. Issoufou Mahamadou m’a proposée comme Ambassadeure Extraordinaire et Plénipotentiaire du Niger au Canada, j’ai ressenti une profonde joie et j’ai pensé aux Sœurs du Perpétuel Secours, surtout à la Sœur Micheline qui est aujourd’hui retraitée à Saint-Damien, au Québec. Pour ma part cette nomination me ramena très loin vers mon enfance. J’appelai ma chère Maman, Sœur Micheline Godbout. Lorsque je lui communiquai la nouvelle, elle était si silencieuse et si émue au bout du fil ! Elle me dit : « Ah bon ! C’est merveilleux ! ». Sa voix était si gaie ! Elle ajouta : « Tu le mérites. Toi et ta jumelle vous êtes toujours en train de faire quelque chose. C’est bien ! C’est très bien ! Alors quand viendras-tu au Canada ? » J’ai su quelque part que Dieu la récompensait pour tout les sacrifices qu’elle avait faits pour que ma jumelle et moi nous réussissions dans la vie. Je pense toujours que Dieu est amour. Depuis l’âge de 4 ans, grâce aux Sœurs du Perpétuel Secours, le Canada est un pays que j’ai adopté dans mon cœur. C’est un pays qui a su m’accompagner pour que je puisse avoir la meilleure éducation et la meilleure vie. J’ai écrit dans les cahiers bleus avec le drapeau du Canada (don du Canada au Niger), de beaux poèmes d’enfant. J’ai goûté au sirop d’érable, dès l’âge de neuf ans, avant de venir en Amérique. J’ai appris le français québécois, car c’était la langue de tous les jours chez les sœurs de l’École Canada et du Collège Mariama. J’ai vu des films sur le Canada et j’ai entendu beaucoup d’histoires de ce beau pays, grâce à Maman Micheline Godbout, la maman des Jumelles comme l’appelaient ma grand-mère et nos camarades d’école. Je suis fière de représenter mon pays, le Niger, au Canada. Je remercie le Président de la République du Niger